Entre les mailles


COUP DE COEUR POUR ROBIDA

 

Parmi les belles rencontres au fil de ma vie professionnelle celle avec l’association Robida, est à hisser aux toutes premières places. Plusieurs raisons; la qualité humaine d’abord du directeur, Pascal Geslot (en retraite en 2018)  et de son successeur, Emmanuel Gerboin, de toute l’équipe de professionnels et enfin des résidents. C’est toujours avec joie que je me rends à Port-Brillet, en Mayenne. La bientraitance semble y être chez elle, les pratiques des professionnels qui accompagnent les personnes en situation de handicap sont en permanence remises sur le métier, aucun dogmatisme n’y a sa place, aucune étiquette ne résiste à l’envie d’inventer de nouveaux accompagnements et de dépasser les représentations du handicap souvent trop sclérosantes. À Robida, on pratique l’humilité du savoir et de l’expérience.

Une autre raison,  je travaille aussi bien en lien avec les professionnels qu'avec les personnes accueillies.

J’interviens avec les professionnels sur leurs pratiques. Un exemple ?  Accompagner la démarche du projet personnalisé. Comment faire pour s’assurer que les prestations  proposées à la personne répondent toujours, au fil des années, à ses besoins, à ses attentes, lorsque les facultés d’expression sont  singulières, parfois empruntes d’anxiété, d’empêchement, de routine institutionnelle... ?

J’interviens aussi avec les personnes accueillies. Un exemple ? Retracer et écrire avec elles l’histoire de l’association depuis sa création en 1969. Une façon de revivre des moments d’émotion avec les anciens qui arrivaient, jeunes hommes,  d’hospices où ils n’avaient rien à y faire, de fermes familiales, de lieux parfois insalubres... Une manière de prendre conscience aussi de l’évolution de l’accueil des personnes et des représentations de la société sur le handicap, d’offrir une lecture, une possibilité de créer du sens sur une vie en institution, d’apprivoiser un avenir parfois anxiogène.

 Merci à Robida pour cette confiance de plus de 15 ans.

Envie de découvrir Robida? Alors Cliquez : www.association-robida.fr

 


L'école de design de Nantes-Atlantique
L'école de design de Nantes-Atlantique

LE TEMPS DE LA TRANSMISSION

 

Que peut bien transmettre un psychologue à des designers ? Me demande-t-on souvent.

Le design ne se réduit pas à l’image du « beau », de « l’original », de la « forme » ! Le designer crée, conçoit, assure le développement de « produits », d’« espaces », de « services » … pour des usages spécifiques: culturel, social, sanitaire,.

« Usages », ou autrement dit « comportements » c’est là que le psychologue et particulièrement le psychologue social trouve sa place. Observer, analyser, intégrer « l’usage » pour répondre aux besoins de la personne, mais aussi sensibiliser, faire évoluer « l’usage » ou "conduire le changement" en convoquant le design dans le secteur de la santé, l’hygiène, la sécurité, le travail, les loisirs, l'éducation…Par exemple : concevoir des outils pour réduire les troubles musculo-squelettiques (TMS) des agriculteurs, concevoir des applications numériques pour vérifier le rythme cardiaque dans le cadre de l’éducation thérapeutique du patient, concevoir des abris d'urgence pour les personnes sans logement (SDF, post catastrophe naturelle…), Rendre accessible les musées aux personnes en situation de handicaps sensoriels...

 

L’expérience m’amène à penser que nous partageons avec le designer une posture commune : « regarder au-delà des apparences » pour comprendre ce qui se joue. Le psychologue doit se montrer créatif et ouvert dans sa pratique pour saisir la singularité de chaque personne et la voie à ouvrir pour entrer en relation. Le designer aussi à sa façon. C’est une « démarche créative vers l’autre » que je décris en cours.

 

Le designer peut donc avoir besoin du regard singulier du professionnel des sciences humaines.

Et vice versa aussi. Dans mon activité de psychologue, je m' investis tout particulièrement sur les questions et les solutions pour rendre accessible l’information et la communication aux personnes dépendantes (handicap) et/ou vieillissantes. Ce champ d’intervention, d’innovation est un espace de collaboration entre psychologue et designers.

 

Voici quelques exemples d'apports du psychologue pour le designer:

 

Méthodologique d’abord 

  •  Comment observer, recueillir des informations utiles, significatives auprès des usagers pour construire un projet adapté? (Techniques d’enquête)
  •  Comment communiquer son projet à des acteurs différents : usagers, partenaires, jury… ? 

 Théoriques aussi 

 

  •   Comment passe-t-on des idées voire des intentions, à l’action, à l’usage ? Utile si on veut éviter au projet du designer d’être « placardisé » ou d’être détourné de son usage. (Théorie de la communication engageante)
  •  Comment agit une foule? Intéressant quand un projet concerne des lieux de grands rassemblements -spectacles, sports…(Notion de désindividuation)
  •   Comment fonctionne un groupe ? Pertinent quand le designer va devoir convaincre, sensibiliser une organisation. ( Dynamique de groupe, leadership…),
  • Comment une personne se construit un savoir, des connaissances pour agir, pour décider ? Indispensable quand on veut comprendre les freins au changement. ( Notions de représentation sociale, catégorisation, stéréotypes, préjugés…)
  • Quels sont les facteurs qui engagent une personne dans l' action ? Intéressant quand la pertinence du projet est liée au changement de comportement individuel. ( Notions de dissonance cognitive, d’influence sociale, conformisme, innovation…),

 Et enfin « Transversal », en accompagnant les étudiants dans cette "démarche créative vers l’autre" que j'ai défini en 3 axes: l'intuition, la connaissance de soi et la compétence technique.

 

Mes interventions à L’école de design de Nantes-Atlantique constituent pour moi un enseignement, j’y rencontre des étudiants et enseignants passionnés, experts dans des domaines que je connaissais mal, un véritable échange.

 


AU BOUT DE SON RÊVE

Un soir sur une plage du Pacifique près de Guayaquil, Philippe Herriau, un ami d’enfance résidant en Équateur écoute un de ses amis, chef d’entreprise à Quito, lui confier son rêve de gosse : descendre l’Amazone d’Ouest en Est sur un radeau. La rêverie d’Alain va jusqu’aux oreilles de trois autres expatriés français en quête d’aventures qui le prennent au mot. Le radeau est remplacé judicieusement par un bateau, après enquêtes plus approfondies sur ce géant de 6150 km, et le périple ira jusqu’à Manaus au Brésil, soit 50 jours de navigation.

Ils sont cinq, Philippe, Alain, Yann, Béto, William, de 27 à 55 ans. Rapidement ils veulent ajouter un sens humanitaire à leur expédition. Une tribu du Pérou, les Candoshi, qui vit dans un endroit très reculé sur un affluent de l’Amazone est décimée par l’hépatite B. Après moult discussions sur la légitimité d’apporter une aide à un peuple qui veut préserver son identité, les cinq français décident que leur action humanitaire sera celle que les Candoshi pourraient leur demander une fois sur place.

L’aventure de Guerrier éditions

Comment récupérer des fonds pour apporter une éventuelle aide? Philippe me téléphone et je les invite à écrire un carnet de voyage. Je me propose sans vraiment réfléchir de l’éditer. La décision est vite prise, les cinq aventuriers comptent sur moi ! Je connaissais bien sûr la chaine graphique, j’avais une vague idée de l’édition à travers l’écriture d’un premier roman qu’une maison d’édition régionale avait publié, rien de plus. Personne dans l’histoire n’avait les moyens financiers de se prendre un bouillon ! Je propose alors une prévente des livres par souscription. Nous avons réussi à vendre 450 exemplaires au prix de 35 euros, essentiellement auprès de mes clients comme cadeaux d’entreprise et d’amis enthousiastes, nous pouvions ainsi couvrir tous les frais de conception et de fabrication du livre. Tout fut mené avec méthode dans la plus grande décontraction pourtant. Les chapitres, les thèmes à aborder, la documentation scientifique... furent préparés en amont, le type de photos qu’on attendait aussi, le cadre était fixé... Philippe Lecomte,  graphiste nantais était de la partie, merci à lui. Jean-Michel Rousseau de Ouest-France apporta une aide et des conseils considérables en termes de prises de vues et de traitement de l’image. Il ne leur restait plus qu’à l’écrire...plusieurs d’entre eux, heureusement, avaient une belle plume.

2000 dollars pour les Candoshi

50 jours plus tard, l’expédition terminée, je suis parti rejoindre les aventuriers à Quito. J’ai récupéré sur place les textes et pas moins de 2000 photos. De retour à Nantes  je m’attèle d’arrache pied  pour sortir le livre avant Noël comme je l’avais promis à mes souscripteurs. Nous sommes tous très fiers du résultat, « notre livre » est sur les rayons de la FNAC et de nos librairies préférées. Ouahh !

L’aventure s’est prolongée en France sur des salons du livre avec quelques uns des co-auteurs. Au final 800 livres ont été vendus et l’éphémère maison « guerrier éditions » a pu verser 2000 dollars à l’association constituée par les cinq explorateurs. Une somme reversée au bénéfice des Candoshi via l’unicef qui a permis de financer une embarcation motorisée pour l’infirmier basé là-bas.

Ce fut une aventure aussi pour moi avec de belles rencontres, d’abord avec les co-auteurs explorateurs et leurs proches, avec l’Équateur mais aussi avec toutes les personnes en France qui ont apporté leur contribution pour que cela soit une réussite.

Le carnet de route « Carishina » est encore disponible au prix de 10 euros hors frais d’expédition.  bertrandguerrier@yahoo.fr


 INNOVATION FACILITER L’EXPRESSION

 

1- KIT "JELEDIS" / 150,00 €

Le kit « JELEDIS » est un support d’expression conçu par Bertrand Guerrier, psychologue, dédié principalement à la démarche du projet personnalisé pour les personnes accueillies au sein des établissements médico-sociaux ou de santé.

Il peut être utilisé :

- en préparation de l’entretien de projet personnalisé afin d’une part de désamorcer l’aspect anxiogène de la situation d’entretien et d’autre part d’engager un dialogue sur de premiers éléments fournis par la personne.

- en début ou en cours d’entretien pour faciliter l’expression, introduire un média afin de donner une respiration à l’entretien.

 Ce kit est composé :

- d’une planche de 36 pièces représentant :

  • 12 émoticônes souriants
  • 12 émoticônes tristes ou mécontents
  • 12 pièces bleues « joker » que la personne peut utiliser pour signifier qu’elle ne sait pas ou qu’elle ne veut pas s’exprimer.
  • 4 pièces neutre pour indiquer les visuels qui ne concernent pas ou plus la personne. ex : « travail ».

- d’une planche de 12 situations de vie quotidienne et prestations proposées par l’établissement.

 Les photos ou pictos symbolisant ces situations ou prestations requièrent une explication à la personne. Le coordinateur ou accompagnateur doit s’assurer que la personne ait compris la signification de chaque visuel.

 L’exercice de symbolisation est toujours difficile. Nous savons que selon les personnes accueillies la compréhension pourra varier, aussi sommes nous attentifs à vos retours d’expériences. Nous en tiendrons compte pour faire évoluer ce kit.

 

 Propositions d’explications à donner à la personne :

  • Bien-être : « Comment vous sentez-vous dans cet établissement ? »
  • Santé : « Comment trouvez-vous que l’on s’occupe de votre santé ici ? »
  • Sécurité : « Vous sentez-vous en sécurité ici... dans la journée, la nuit ? »
  • Droits : « Respecte t-on vos droits ici ? Vos décisions ? Vous trouvez-vous suffisamment informé(e) ? ... »
  • Vie relationnelle : « Comment vous sentez-vous avec les autres personnes d’ici ? Avez-vous des ami(e)s ? »
  • Famille (ou représentant légal): « Êtes-vous satisfait de vos relations avec votre famille ? Pouvez-vous la voir, la recevoir ou la contacter facilement ici ?...
  • Activités : « Êtes vous satisfait des activités (les nommer) proposées dans votre établissement ? »
  • Travail (cas ESAT): « Êtes- vous satisfait de votre travail ici, des conditions, du poste, des relations ? »
  • Envies, rêves : « Est-ce que l’on prend en compte vos envies, vos projets ici ? Est-ce que l’on vous écoute suffisamment ?
  • Logement : Êtes-vous satisfait de votre logement ? du ménage ? du calme ? de l’intimité ?...
  • Alimentation : «Êtes-vous satisfait des repas ? Tient-on compte de votre régime ? des heures de repas... ?
  • Déplacements : « L’établissement facilite t-il vos déplacements...en voiture, train... » ?

 

Avertissement : ce support est avant tout une amorce à un dialogue dans la phase co-évaluation de la démarche du projet personnalisé. La personne peut évoluer dans son appréciation dans un sens ou dans un autre au cours de l’entretien. Les pions neutres sont volontairement sans pictogramme afin de laisser une alternative assez large à la personne qui pourra être précisée ou non à l’entretien. Ces pions évitent d’enfermer la personne dans une réponse binaire. L’utilisation de ce support doit être souple et non intrusif.

 



INNOVATION FACILITER L’EXPRESSION

 

2- LE LIVROPHONE

 

L'article 3 de la charte des droits et libertés de la personne accueillie stipule de rendre accessible l'information aux usagers. Cela nécessite un réel travail d'adaptation et d'accompagnement de l'information difficile à réaliser pour les établissements.

 

Voici 3 ans j'accompagnais une équipe de professionnels et de personnes en situation de handicap mental dans l'élaboration et la rédaction du règlement de fonctionnement d'un foyer de vie. Nous avions décidé de réaliser deux versions, une exhaustive répondant point par point aux recommandations en vigueur, et une autre version allégée mais tout aussi précise, employant des mots simples, univoques, illustrés par des dessins ou des photos. Si nous parvenions ainsi à améliorer l'accessibilité pour un certain nombre des personnes accueillies, nous n'apportions que peu d'amélioration pour les personnes qui n'avaient pas accès à la lecture, ainsi qu'aux personnes mal-voyantes. C'est à ce moment que je me suis souvenu de l'invention d'un designer nantais. Il s'agissait d'un pupitre sonore destiné à animer les musées. Je suis donc retourné voir Thierry Gascan, le designer, et nous avons mis au point un Livrophone® adapté ergonomiquement et économiquement au secteur médico-social.

 

Le règlement de fonctionnement devint un document à la fois visuel et sonore qui améliora, pour un plus grand nombre de personnes, l'accès à cette information réglementaire. Mais c'est au moment de la présentation aux usagers de l'établissement que je découvrais, par le témoignage émouvant d'une personne, un autre intérêt au Livrophone® et surtout à la nécessité de rendre accessible l''information: 

 

" Je pourrais montrer à ma fille quand elle viendra me voir que j'ai participé à l'écriture d'un livre et que je sais l'utiliser, alors que j'ai des difficultés à lire et à écrire".

 

Je ne voudrais pas utiliser ce  témoignage  émouvant pour "vanter" le livrophone® ou quelconque prestation, mais juste pour dire que rendre accessible l'information dépasse largement l'acquisition de connaissances ou de savoirs, rendre accessible l'information rompt l'isolement, rapproche les personnes différentes, permet la communication entre-elles...

 

Plus tard, pour cette même association, j'ai animé un atelier sur une période de six mois avec des personnes accueillies, sur le thème: l'histoire de l' établissement depuis la création en 1969. Cette histoire que l'on a retracée ensemble sur la base de souvenirs, de témoignages d'invités, de photos, d'articles de presse... a ensuite été écrite et mise à la disposition de tout l'établissement sur le Livrophone®.

 

 Les autres applications possibles.

J'ai présenté le Livrophone® au gérontopole des Pays de la Loire à Nantes 

 Je pensais que ce support pourrait être intéressant dans le cadre de l'animation proposée dans les EHPAD aux personnes âgées en situation de dépendance, notamment pour un travail sur la mémoire émotionnelle. L'accueil fut effectivement positif et encourageant.

 

Les différents contacts que j'ai eu me confortent dans l'idée que le Livrophone® n'a d'intérêt que si l'établissement a une volonté de s'atteler à un projet d'accessibilité à l'information, ou de développer des solutions nouvelles. Sans quoi le Livrophone® risque de rester dans un placard.

 

 

Vous pouvez prendre directement par DOCTOLIB

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Bertrand GUERRIER

PSYCHOLOGUE

N° adeli 449301845

SUR RENDEZ-VOUS 

15 Boulevard de la Liberté

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TÉLÉPHONE: 06 32 64 58 61

Mail: bertrandguerrier@yahoo.fr